Une étude récemment publiée par la startup de financement des soins de santé PayZen révèle que les prestataires de soins de santé ne parviennent à collecter en moyenne que 31 % des factures des patients, le reste étant lourdement impacté par des plans de paiement prolongés. Ce rapport, qui s’appuie sur des enquêtes auprès de 205 responsables du cycle de revenus des systèmes de santé à l’échelle nationale, met en lumière un défi croissant pour les établissements de santé en matière de recouvrement des paiements.
Bien que la perception des paiements des patients reste un défi, ces derniers représentent une part de plus en plus significative des revenus globaux des systèmes de santé. En effet, la facturation des patients compte en moyenne pour 12 % du revenu net total d’un système de santé, selon les données du rapport.
Face à cette problématique, les systèmes de santé multiplient les initiatives visant à améliorer l’expérience financière des patients. L’intérêt pour l’élaboration de stratégies de financement plus robustes pour les patients a considérablement augmenté, passant de 19 % à 41 % entre les enquêtes de 2025 et 2026 réalisées par PayZen.
Tobias Mezger, co-fondateur et directeur des recettes chez PayZen, souligne un écart notable entre la prise de conscience des dirigeants des systèmes de santé concernant l’expérience financière des patients et leur mise en œuvre. Il explique que bien que les responsables conçoivent des standards pour une bonne expérience financière, leur adoption se fait à un rythme relativement lent, surtout en période de pression financière accrue tant pour les professionnels que pour les patients.
Mezger fait état de l’hésitation des prestataires à repenser leurs flux de recouvrement, en raison de mauvaises expériences antérieures avec des fournisseurs de logiciels de paiement. Selon lui, de nombreux prestataires, déçus, se sont retrouvés avec des solutions qui privilégiaient l’ingénierie financière au détriment de l’intégration avec les systèmes de santé.
Il estime pourtant qu’il est crucial d’agir face aux attentes croissantes des patients pour des options de paiement flexibles. De nombreux établissements de santé limitent leurs plans de paiement internes et négligent souvent de collaborer avec des sociétés de financement externes, générant ainsi des difficultés pour les patients qui doivent jongler avec des coûts de santé en constante augmentation.
Avisant une lacune dans l’adoption des flux de paiement préalables aux soins, Mezger souligne l’importance qu’a une transparence sur les dépenses avant la réception des soins. Il insiste sur le besoin pour les patients d’être informés de toutes les options d’aide financière disponibles, y compris l’éligibilité à Medicaid, avant la prestation de soins, car cela facilite les discussions financières, qui deviennent plus complexes une fois les soins réalisés.
Mezger ajoute que l’amélioration de l’expérience financière des patients peut renforcer leur fidélité et leur rétention. En effet, un patient bien informé et bénéficiant de solutions de paiement flexibles est plus enclin à retourner dans le même système de santé. Il note également que la révision des pratiques de financement patient n’est pas seulement une question d’améliorer l’expérience utilisateur, mais qu’elle pourrait aussi augmenter les taux de recouvrement pour les prestataires.
Enfin, alors que la responsabilité financière des patients continue de croître, Mezger conclut qu’il est impératif pour les prestataires de moderniser rapidement leurs systèmes de paiement afin de préserver leur revenu face à des défis de plus en plus pressants.
Photo : Maskot, Getty Images