Une entreprise israélienne, Butterfly Medical, a récemment annoncé des avancées significatives dans le développement de son dispositif Butterfly Prostatic Retraction, conçu pour traiter l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Ce dispositif vise à offrir une alternative aux traitements médicamenteux, comme le Flomax, qui peuvent entraîner des effets secondaires indésirables, ainsi qu’à des interventions chirurgicales invasives.
Selon Yale Medicine, environ 50 % des hommes âgés de 51 à 60 ans souffrent d’HBP, un chiffre qui grimpe à 70 % chez les hommes de 60 à 69 ans, et atteint près de 80 % parmi ceux de plus de 70 ans. Les symptômes peuvent varier, allant d’une gêne légère à une fréquence urinaire accrue et des difficultés à vider complètement la vessie.
Le Butterfly Prostatic Retraction permet aux urologues d’implanter un dispositif par voie endoscopique à l’intérieur de la prostate, permettant ainsi de soulager la pression sur l’urètre. Butterfly Medical a récemment achevé le suivi final de 12 mois de son étude clinique pivot internationale portant sur ce traitement interventionnel. Le PDG de l’entreprise, Patrick MacCarthy, a déclaré que les données de sécurité recueillies étaient très positives, tandis que les résultats clinique restaient en cours d’analyse.
Au total, près de 245 patients ont participé à l’essai réalisé à travers 26 sites, principalement aux États-Unis. Le dispositif est déjà approuvé en Europe et une soumission à la FDA pour une approbation préalable à la commercialisation est prévue dans les mois à venir.
Le Dr James C. Ulchaker, médecin-chef de Butterfly Medical, a souligné l’importance de cette innovation en notant : “Il existe une lacune importante dans les soins de l’HBP pour les hommes qui ne sont pas satisfaits des médicaments mais qui souhaitent éviter les risques d’une chirurgie invasive.” Le dispositif est conçu pour s’adapter à la taille de la prostate, permettant un flux urinaire amélioré sans nécessiter de coupes ni d’ablation de tissus.
Les urologues participeront à l’implantation de l’appareil en choisissant parmi quatre tailles d’implants en nitinol, qui seront déployés au sein de la vessie pour rétracter les lobes latéraux de la prostate qui obstruent l’urètre. Cette intervention peut se réaliser dans un cabinet médical ou un centre chirurgical ambulatoire, représentant une option moins coûteuse par rapport à une intervention en milieu hospitalier.
Alors que d’autres dispositifs moins invasifs, comme l’UroLift, existent déjà sur le marché, MacCarthy a noté que le produit de Butterfly se distingue par sa conception. Le système iTind d’Olympus, qui fonctionne de manière similaire, est destiné à un usage temporaire, tandis que le Butterfly Prostatic Retraction est conçu pour rester en place de façon permanente, bien qu’il soit retiré si nécessaire.
Butterfly Medical espère obtenir l’approbation de la FDA d’ici le deuxième trimestre 2024, avec une commercialisation prévue pour 2027.