Les sociétés biopharmaceutiques poursuivent leurs efforts pour développer de nouveaux médicaments immunologiques qui offrent les mêmes avantages que les traitements injectables à base d’anticorps, mais dans un format de pilule quotidienne plus pratique. Coultreon Biopharma vient d’annoncer une levée de fonds de 125 millions de dollars, un financement qui permettra à la startup de progresser dans son programme principal, le conduisant jusqu’à un stade intermédiaire de développement clinique.
Anciennement connue sous le nom d’Onco3R Therapeutics, Coultreon, basée à Louvain, en Belgique, a été fondée l’année dernière avec des actifs acquis auprès de Galapagos. Alors qu’Onco3R se concentrait sur le développement de petites molécules pour lutter contre les maladies auto-immunes et le cancer, Coultreon a réorienté ses efforts vers l’immunologie et les maladies métaboliques.
Avant sa transition vers les petites molécules, Galapagos avait misé sur la thérapie cellulaire contre le cancer. L’entreprise avait également exploré de nouveaux mécanismes d’action en immunologie, ce qui a conduit à l’identification d’une nouvelle classe de cibles appelées kinases inductibles par le sel (SIK), des enzymes régulant les réponses immunitaires et métaboliques. Selon son rapport annuel de 2022, Galapagos a noté que l’inhibition de SIK pourrait diminuer la production de protéines pro-inflammatoires tout en augmentant celle de médiateurs immunorégulateurs.
Ce mécanisme d’action unique est présenté comme une manière potentielle de rétablir l’équilibre immunitaire souvent perturbé dans les maladies auto-immunes, différenciant les candidats thérapeutiques des traitements traditionnels qui se concentrent principalement sur la suppression du système immunitaire.
Le programme phare de Coultreon, COL-5671 (anciennement O3R-5671), est un inhibiteur de SIK3, considéré comme la molécule la plus avancée dans la recherche SIK de Galapagos. Coultreon décrit COL-5671 comme fortement sélectif pour SIK3, évitant ainsi les toxicités liées à SIK1 et SIK2. Des études précliniques ont révélé que le médicament inhibait la libération de deux cytokines inflammatoires, TNFα et IL-23, tout en favorisant la sécrétion de la cytokine immunomodulatrice IL-10.
L’inhibition du TNFα est un mécanisme d’action clé pour plusieurs médicaments biologiques, tels que Humira d’AbbVie, Enbrel d’Amgen et Remicade de Johnson & Johnson, qui sont approuvés pour diverses indications immunologiques mais qui nécessitent une administration par injection.
Des résultats préliminaires de la phase 1 pour COL-5671, présentés en février lors de la réunion de l’Organisation européenne de Crohn et de Colite à Stockholm, montrent que ce médicament peut inhiber le TNFα “aussi efficacement que les anticorps monoclonaux”. Pour la dose de 15 mg, la plus élevée parmi les quatre administrées jusqu’à présent dans l’étude, Coultreon a signalé une inhibition prolongée de TNFα, qui restait supérieure à 90 % après 24 heures.
La société estime que les données humaines et précliniques indiquent que COL-5671 pourrait être efficace pour traiter plusieurs maladies auto-immunes. Dans l’annonce de financement de mardi, Coultreon a déclaré son intention de faire évoluer cette molécule vers des essais de phase 2, ciblant le psoriasis et la colite ulcéreuse, avec des données de validation attendues l’année prochaine.
Coultreon a acquis COL-5671 et d’autres actifs auprès de Galapagos l’année dernière. Selon les termes de cet accord, Galapagos a également contribué au financement de démarrage de la startup par le biais d’un prêt de 20 millions d’euros, qui pourra être converti en actions lors du prochain cycle de financement.
Sofinnova Investments a dirigé le tour de financement de série A pour Coultreon, avec Forbion et Novo Holdings en tant que co-responsables. D’autres investisseurs comprennent Galapagos, Regeneron Ventures, Balyasny Asset Management, Luma Group, Samsara BioCapital, Longwood Fund et Finchley Healthcare Ventures. Coultreon est dirigée par Pierre Raboisson, ancien responsable de la recherche et du développement préclinique chez Galapagos.
“Ce financement marque un point d’inflexion majeur pour notre entreprise”, a commenté Raboisson dans un communiqué de presse. « Avec le soutien de ce syndicat de premier plan, nous sommes bien placés pour faire progresser notre programme SIK, tout en exploitant le potentiel plus large de notre pipeline. »