Nula Therapeutics, une startup de biopharma basée à New York, développe une nouvelle classe de médicaments visant à restaurer le bon fonctionnement de l’enveloppe nucléaire, un composant clé dans l’expression des gènes. Des recherches menées au cours des dix dernières années ont montré que l’enveloppe nucléaire joue un rôle actif dans le fonctionnement cellulaire, contredisant les croyances antérieures selon lesquelles elle serait simplement une barrière passive. Chris Shepard, PDG et co-fondateur de Nula, a exprimé l’importance de cette découverte dans le cadre de la compréhension des maladies associées à la dérégulation de la membrane cellulaire.
Nula se prépare à ses premiers tests humains sur des troubles métaboliques, dont la stéatose hépatique MASH, tout en explorant d’autres conditions métaboliques chroniques. La société a récemment reçu un financement fédéral pour étudier les implications de son programme dans le domaine de la biologie du vieillissement.
Shepard a souligné que l’enveloppe nucléaire fonctionne comme un échafaudage pour les composants génétiques, permettant ainsi l’activation et l’inactivation appropriées des gènes. Il a noté que des dysfonctionnements de cette enveloppe peuvent résulter d’un stress métabolique, comme un excès de calories, qui pousse le foie à une surcharge de travail.
„Ce que la recherche nous a appris, c’est que l’enveloppe nucléaire se dégrade et devient dysfonctionnelle en raison de l’âge ou du stress métabolique“, a déclaré Shepard, ajoutant que cela souligne l’intérêt croissant pour cet objectif thérapeutique.
Le principal médicament candidat de Nula, désigné par le code NLT-101, est conçu pour restaurer le bon fonctionnement de l’enveloppe nucléaire. Bien que Shepard ait refusé de détailler son mécanisme d’action, il a indiqué que des études précliniques ont été menées sur la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) et d’autres maladies connexes. Un résumé détaillé de ces recherches sera présenté lors de la conférence annuelle de l’American Association for the Study of Liver Diseases cet automne. Nula prévoit également de lancer un essai clinique de phase 1 pour le NLT-101 dans le contexte du dysfonctionnement métabolique, avec des résultats préliminaires attendus d’ici mi-2027.
La recherche de Nula s’appuie sur des observations du National Institute of Aging, qui a exploré des composés susceptibles d’améliorer la longévité des modèles murins. Parmi ces composants, le 17α-estradiol a démontré un potentiel d’augmentation de la durée de vie des souris mâles d’environ 19 %. Ayant été fondée en 2021, Nula vise à capitaliser sur ces découvertes pour développer ses traitements.
Avec un financement allant jusqu’à 20 millions de dollars de l’Agence américaine des projets de recherche avancée pour la santé (ARPA-H), Nula élargit désormais son champ de recherche pour évaluer comment son principal médicament candidate pourrait influer sur la capacité intrinsèque, une mesure composite de la santé multiorgane. Les travaux précliniques sur cette capacité commenceront prochainement et pourraient aboutir à un essai clinique contrôlé par placebo chez des personnes âgées en bonne santé.
Le soutien financier restant d’environ 10 millions de dollars provient d’Apollo Health Ventures, où Shepard est également partenaire. Ce capital sera utilisé pour tester le principal médicament candidat de Nula dans le cadre de conditions liées au vieillissement, tout en se concentrant sur le dysfonctionnement métabolique.
Shepard a également fait remarquer que l’enveloppe nucléaire est liée à des phénomènes de neurodégénérescence, souvent observés avec l’âge, et mérite une attention particulière. Par ailleurs, la régulation génétique par l’enveloppe nucléaire pourrait avoir des implications significatives dans le domaine du cancer.
Illustration : Artur Plawgo/Bibliothèque de photos scientifiques, via Getty Images