Une étude récente met en lumière l’importance croissante des procédures endoscopiques combinées, notamment l’œsophagogastroduodénoscopie et la coloscopie, dans le dépistage des maladies gastro-intestinales. La plupart des patients assimilent ces deux examens à une unique intervention, ce qui simplifie la préparation, la sédation et réduit le temps d’absence du travail et des proches. Cette approche est d’autant plus cruciale pour les systèmes de santé confrontés à une pénurie de gastro-entérologues, qui pourrait atteindre 1 400 praticiens d’ici 2037. Dans ce contexte, la rationalisation des soins devient une nécessité stratégique.
Cependant, l’endoscopie gastro-intestinale combinée est souvent perçue comme une solution opportuniste plutôt qu’une stratégie systématique pour les soins du tractus supérieur. En général, elle est principalement motivée par le besoin de réaliser une coloscopie, le patient étant déjà présent pour un dépistage du cancer colorectal. Ce processus met en évidence un écart : alors que l’endoscopie du tractus inférieur a des standards élevés en matière de qualité, l’infrastructure du tractus supérieur reste à développer.
La distinction entre les deux procédures est essentielle. En coloscopie, la tâche consiste à détecter des polypes sur une surface homogène, des critères tels que le taux de détection des adénomes et le temps d’attente étant bien établis. L’intelligence artificielle (IA) assistée dans ce domaine a prouvé son efficacité, augmentant le taux de détection des adénomes de 20 % selon une méta-analyse de 2024.
En revanche, l’endoscopie gastro-intestinale supérieure engage une couverture visuelle plus complexe, où les détections sont moins ciblées. Cela entraîne un prix à payer : des études montrent que 69 % des cas de cancers manqués dans cette région avaient déjà des anomalies visibles qui n’avaient pas été examinées suffisamment attentivement. Les taux d’échec en matière de détection des cancers de l’œsophage et de l’estomac dépassent actuellement 8 %, certains chiffres atteignant jusqu’à 11,3 % sur trois ans.
Un des principaux enjeux, lors des procédures combinées, est la focalisation cognitive sur le tractus inférieur. Cette tendance, qui peut mener à des résultats moins qualitatifs pour le tractus supérieur, est corroborée par des recherches sur le séquençage endoscopique bidirectionnel. La préférence de l’endoscopiste ainsi que la fatigue peuvent influer négativement sur la qualité des examens gastro-intestinaux supérieurs.
De plus, la formation des praticiens aux États-Unis privilégie la coloscopie, laissant parfois les gastro-entérologues moins aguerris en ce qui concerne l’endoscopie supérieure. En conséquence, le modèle de remboursement n’incite pas les praticiens à consacrer un temps suffisant à l’examen minutieux des zones critiques de l’œsophage, de l’estomac ou du duodénum.
Il est établi que l’endoscopie assistée par IA peut améliorer la qualite et l’efficacité des procédures, en réalisant une vérification en temps réel des zones examinées. Le cadre de qualité pour l’endoscopie gastro-intestinale supérieure doit désormais se renforcer, tout en intégrant les avancées observées dans l’IG inférieur.
Le développement de cette technologie et la définition d’indicateurs de qualité adaptés sont en cours. La communauté clinique est poussée à adopter ces nouvelles méthodes, ce qui pourrait significativement transformer les résultats d’examen dans le tractus supérieur. Cette transition est d’autant plus urgente étant donné la prévalence élevée des cancers gastrointestinales et les lacunes persistantes dans leur détection précoce.
Enfin, alors que le dépistage combiné devient incontournable, un cadre d’efficacité et de qualité doit s’implanter pour éviter que les exigences d’une procédure ne compromettent les résultats de l’autre. L’expérience accumulée dans le domaine de l’IG inférieur doit maintenant être appliquée à l’IG supérieur pour améliorer la prise en charge des patients.