Traci Tamiko Eto a engagé une action en justice contre la Clinique Mayo, affirmant que la stratégie d’intelligence artificielle (IA) de l’établissement compromet la vie privée et la sécurité des patients. Après un an et demi de tentatives pour alerter la direction de Mayo sur ces préoccupations, Eto a déposé un procès pour représailles.
Voici les principaux points à retenir de sa plainte :
—Eto a rejoint Mayo en décembre. Selon le procès, elle a intégré la Clinique Mayo en tant que directrice des opérations de recherche, avec pour mission d’harmoniser les pratiques de l’établissement avec les normes fédérales de gouvernance de l’IA et de superviser une équipe de 36 employés.
—Elle a déclaré avoir constaté des erreurs majeures en matière de sécurité de l’IA pendant son séjour à Mayo. Au cours de ces 18 mois, Eto a signalé plusieurs défaillances dans la conformité de Mayo aux réglementations fédérales sur l’IA. Ces incidents incluent le contournement d’un comité d’examen institutionnel concernant une étude sur l’outil d’assistance numérique de Mayo, de graves problèmes de gestion des données patients lors des processus de désidentification et l’approbation sans autorisation d’une intervention chirurgicale cardiaque sans examen approprié, selon sa plainte.
—La dénonciation d’Eto a été ignorée et finalement punie, selon la plainte. Le procès allègue que les dirigeants de Mayo avaient été informés des préoccupations d’Eto, mais avaient choisi de privilégier rapidité et compétitivité au détriment de la conformité. En juillet 2025, elle a été rétrogradée de son poste et a ensuite demandé un congé de maladie, qui a d’abord été refusé avant d’être approuvé après qu’elle a fait appel à un avocat. Pendant son congé, elle a été informée que son poste était supprimé dans le cadre d’une réduction des effectifs, affectant uniquement son rôle. Malgré ses efforts pour postuler à 15 autres postes internes, elle n’a été conviée qu’à un seul entretien et a été officiellement licenciée le 1er décembre 2025.
—Eto a également affirmé que Mayo avait tenté de restreindre ses perspectives professionnelles futures. Dans sa plainte, elle soutient que Mayo a minimisé son rôle dans une demande de brevet pour un outil d’IA qu’elle prétend avoir contribué à concevoir. De plus, l’établissement aurait maintenu un système interne de « fichier fantôme », la marquant comme inéligible à la réembauche.
—Mayo a déclaré que ses pratiques en matière d’IA étaient conformes. Dans un communiqué envoyé à Actualités MedCité, le système de santé a affirmé son engagement envers le développement responsable de l’IA, affirmant que la confidentialité, la sécurité, la transparence et la conformité étaient intégrées dans ses processus. Bien que Mayo ne commente pas les litiges en cours, elle maintient que sa recherche et son innovation clinique respectent les lois et réglementations en vigueur.
—Eto réclame des dommages-intérêts sous plusieurs lois fédérales. Le procès, déposé le 6 juillet devant le tribunal de district américain du Minnesota, invoque des dispositions sur les représailles du False Claims Act, de l’Americans with Disabilities Act et du Family and Medical Leave Act. Eto demande un procès devant jury, ainsi que le paiement de salaires dus, d’indemnités de départ, d’avantages perdus et de dommages-intérêts compensatoires et punitifs.
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