Le marché de l’oncologie féminine est en passe de connaître une croissance significative, mais des lacunes persistantes en matière de financement, d’innovation et d’accès aux patients freinent encore les progrès, selon une étude récente de PwC.
Ce rapport se concentre sur les cancers qui touchent spécifiquement les femmes, tels que les cancers du sein, des ovaires, de l’endomètre, du col de l’utérus, de la vulve et du vagin. Aux États-Unis, les cancers du sein et gynécologiques représentent plus de 400 000 nouveaux diagnostics chaque année. Le marché mondial des cancers spécifiques aux femmes, quant à lui, est évalué entre 65 et 75 milliards de dollars et pourrait atteindre entre 100 et 110 milliards de dollars d’ici 2030. Cela représente une croissance annuelle de 7 à 9 % en ce qui concerne les solutions oncologiques qui englobent thérapies, appareils, diagnostics et soins.
Les investissements en recherche ont particulièrement soutenu le cancer du sein, tandis que de nombreux cancers gynécologiques, comme le cancer de l’ovaire, ont été largement négligés. Selon les chiffres de 2025, le cancer de l’ovaire a reçu environ 43 000 dollars de financement des National Institutes of Health (NIH) par décès, comparativement à près de 70 000 dollars pour le cancer du sein.
PwC souligne une opportunité manifeste pour le secteur : « Il existe des possibilités d’amélioration significatives tout au long du parcours du patient, depuis l’identification précoce des risques jusqu’à une gestion à long terme de la maladie. » Le rapport indique que des lacunes demeurent à chaque étape.
Les produits pharmaceutiques représentent près de 70 % de la valeur du marché de l’oncologie féminine, en raison de la charge de morbidité élevée, des dynamiques de remboursement robustes et de l’innovation thérapeutique en évolution. Cette croissance est principalement alimentée par des thérapies ciblées qui remplacent ou complètent les chimiothérapies traditionnelles, permettant ainsi un traitement plus précoce et personnalisé.
Les modèles de prestataires et de soins sont également perçus comme des domaines remplis d’opportunités d’investissement, en particulier au regard du rajeunissement des femmes atteintes de cancer. Les taux de survie en augmentation ouvrent aussi de nouvelles voies d’intérêt pour le secteur.
Parmi les besoins non satisfaits en oncologie féminine, la détection précoce demeure cruciale, surtout pour des cancers gynécologiques comme celui de l’ovaire. Le raport évoque des innovations prometteuses telles que les biopsies liquides, les diagnostics assistés par intelligence artificielle, les programmes de dépistage mobiles et les tests réalisables à domicile, comme moyens d’améliorer l’accès aux soins.
Le rapport précise que les investissements dans les cancers spécifiques aux femmes ont été « soutenus et substantiels », avec près de 400 événements de financement privé totalisant plus de 6,5 milliards de dollars entre 2020 et 2025. Les dispositifs et diagnostics ont attiré la plus grande part du volume transactionnel.
PwC met en avant l’importance de ces investissements pour accélérer les progrès scientifiques. « Le succès observé dans le cancer du sein repose sur des décennies de recherche et d’investissements. À mesure que les capitaux se dirigent vers les cancers gynécologiques, il existe un potentiel croissant de répliquer ce succès dans des domaines où les besoins non satisfaits sont encore élevés. »
Enfin, le rapport évoque des implications futures pour divers acteurs du secteur de la santé. Les sociétés pharmaceutiques pourraient tirer parti de l’IA pour soutenir la découverte de biomarqueurs et le développement clinique des soins gynécologiques. Il est également essentiel pour les prestataires de créer des modèles de soins longitudinaux pour accompagner les patientes tout au long de leur parcours, depuis le traitement jusqu’à la survie. De plus, le rapport appelle les payeurs et les employeurs à élargir la couverture pour la détection précoce du cancer fondée sur des données probantes.
Photo : saumon noir, Getty Images